Dans le Nord Essonne – comme dans beaucoup d’autres territoires urbains et périurbains – les acteurs sociaux observent de longue date une forme de cloisonnement entre les générations. Près de 19% de la population locale a plus de 65 ans (source : INSEE, chiffres 2021 pour l’Essonne). Les jeunes, quant à eux, représentent plus de 22% de la population. Pourtant, au quotidien, leurs trajectoires se croisent peu. D’un côté, des résidences séniors qui cherchent à lutter contre la solitude, à préserver l’autonomie. De l’autre, des structures jeunesse (centres sociaux, MJC, missions locales, maisons de quartier, clubs ados, associations sportives…) qui œuvrent pour l’engagement, la sociabilisation, l’éveil à la citoyenneté.
La création de ponts entre ces univers répond à plusieurs besoins concrets :
Pour toutes ces raisons, de plus en plus d’initiatives voient le jour : mais comment se configurent-elles concrètement, qui les porte et quels obstacles se dressent encore ?
La mise en place de partenariats intergénérationnels repose sur la mobilisation d’un tissu d’acteurs variés :
Dans le Nord Essonne, plusieurs communes se distinguent par la densité de ces initiatives. À Chilly-Mazarin, la résidence autonomie "Les Jardins d’Aragon" accueille régulièrement des ateliers intergénérationnels avec la MJC Jean-Paul Sartre. À Longjumeau, le centre social propose chaque trimestre des actions croisées avec la résidence Les Tilleuls (source : Info54, bulletin municipal Chilly-Mazarin, 2023), tandis que Savigny-sur-Orge a lancé un appel à projets ouverts aux structures jeunesse et personnes âgées, dans le cadre du Conseil des Sages et du Conseil Municipal Jeunes.
Mettre en place une action conjointe ne se limite pas à organiser une activité, mais s’apparente à un vrai travail d’architecte collectif. Sur le terrain, les acteurs affirment que, pour qu’un partenariat soit fructueux, plusieurs éléments doivent être réunis :
Le démarrage d’un projet partagé nécessite en général une première phase d’observation : venue d’un groupe de jeunes pour la découverte des lieux, présentation de l’équipe, accueil autour d’un gouter, recueil d’idées auprès des seniors.
Deux exemples emblématiques du secteur :
Malgré les efforts, tout n’est pas simple. Les retours d’expérience recueillis viennent rappeler quelques difficultés bien ancrées :
Pour dépasser ces freins, les acteurs insistent sur :
L’effet le plus immédiat, d’après les retours collectés, est sans doute la création d’une ambiance différente :
Certains partenaires soulignent aussi :
Pour les structures, la démarche type observée ces dernières années dans le Nord Essonne tourne autour des grands axes suivants :
En somme, la réussite d’un partenariat est moins affaire de moyens que de regard, de volonté partagée et d’une vraie attention à la réalité quotidienne de chaque groupe.
Alors que 2024 a été désignée "Année du bien vieillir" par le gouvernement, les initiatives de notre territoire gagnent en reconnaissance. Un recensement effectué auprès des centres sociaux du Nord Essonne montre qu’en sept ans, le nombre de projets intergénérationnels maison de retraite/jeunes a pratiquement doublé : on en comptait 7 en 2017 et 13 en 2023 dans huit communes (contact direct, réseau Mobilisation Sociale Essonne).
Les prochains défis identifiés par les équipes sont :
Les perspectives sont donc nombreuses, portées par des acteurs ancrés dans le territoire et toujours à la recherche d’innovations, pour que chaque grand-parent, chaque collégien du Nord Essonne puisse se sentir partie prenante d’un même chemin de citoyenneté locale.